La permission de la lecture/dhikr en groupe

 


La permission de la lecture/dhikr en groupe 



Le dhikr collectif et la lecture du Coran en groupe

Voici une recherche de valeur sur la légitimité du dhikr collectif et du dhikr à voix haute à partir du texte explicite du Coran et de la Sunna authentique 


Les hadiths qui vont dans ce sens sont nombreux.
Sache, mon frère, que les preuves sont nombreuses et abondantes.


1. Être souvent dans le rappel d’Allah

Dans le hadith rapporté de Muʿādh ibn Anas, un homme interrogea le Messager d’Allah ﷺ en disant :


« Quel genre de jihad rapporte la plus grande récompense ? »
Le Prophète répondit :


« Celui qui fait le plus de rappel d’Allah, le Très‑Haut. »

L’homme demanda ensuite :
« Et quel jeûneur a la plus grande récompense ? »
Il répondit :


« Celui qui fait le plus de rappel d’Allah, le Très‑Haut. »

Puis il évoqua pour nous la prière, la zakāt, le ḥajj et l’aumône, et pour chacune de ces œuvres, le Messager d’Allah ﷺ répétait :

« Celui qui fait le plus de rappel d’Allah, le Très‑Haut. »

Hadith rapporté par l’imam Aḥmad (3/438).


Et dans un autre hadith, rapporté par Sahl ibn Muʿādh ibn Anas, d’après son père, le Messager d’Allah ﷺ a dit :

« Celui qui lit “Qul huwa Allāhu Aḥad” (Sourate Al‑Ikhlāṣ) dix fois, Allah lui construit une maison au Paradis. »


ʿUmar ibn al‑Khaṭṭāb dit alors :
« Dans ce cas, nous en ferons beaucoup, ô Messager d’Allah ! »
Le Prophète ﷺ répondit :


« Allah est plus (Généreux) et meilleur encore. »

Rapporté par Ṭabarānī dans Al‑Muʿjam al‑Kabīr (20/183, n°397).


2. Le mérite du dhikr

Allah, exalté soit‑Il, dit :

  • « Souvenez‑vous de Moi, Je Me souviendrai de vous. » (Al‑Baqarah, 2/152)
  • « Ô vous qui avez cru ! Invoquez Allah d’une invocation abondante, et glorifiez‑Le matin et soir. » (Al‑Aḥzāb, 33/41‑42)
  • « Ceux qui invoquent Allah debout, assis et couchés sur leurs côtés. » (Āl ʿImrān, 3/191)

Les versets et hadiths sur le mérite du dhikr sont très nombreux, mais je vais résumé afin que l’objectif soit clair.


L’imam Ibn Baṭṭāl dit, dans son Sharḥ al‑Bukhārī, et Al‑Ḥāfiẓ Ibn Ḥajar l’a approuvé :

« Ces mérites rapportés au sujet du dhikr ne s’appliquent en réalité qu’à ceux qui ont de la noblesse dans la religion et la complétude, comme la pureté vis‑à‑vis des choses illicites et des grands péchés. »
(Fatḥ al‑Bārī, 13/541)

Et dans le recueil de at‑Tirmidhī, d’après ʿAbdullāh ibn ʿAmr ibn Busr, un homme dit :


« Ô Messager d’Allah, les prescriptions de l’Islam sont devenues nombreuses pour moi. Indique‑moi donc une chose à laquelle je puisse bien m’attacher. »
Le Prophète ﷺ répondit :


« Que ta langue ne cesse d’être humide du rappel d’Allah. »

Rapporté par at‑Tirmidhī (3375).


3. Le dhikr collectif et le dhikr à voix haute

Les preuves de la licéité du dhikr collectif et du dhikr à voix haute sont nombreuses ; nous n’en citerons que quelques‑unes pour ne pas trop allonger.


Les cercles de dhikr en groupe existaient réellement à l’époque du Prophète ﷺ. Il les a vus, y a participé et a encouragé leur fréquentation. 


Nous citons ici quelques preuves qui, si Allah le permet, ouvriront les esprits.


L’imam as‑Suyūṭī, dans son épître Natāʾij al‑Fikr fī al‑Jahr bi‑dh‑Dhikr (incluse dans son ouvrage Al‑Ḥāwī lil‑Fatāwā), dit :


« Tout ce qui est rapporté dans les livres de hadiths authentiques et autres sous les expressions “cercles de dhikr” (ḥalaq adh‑dhikr ou ḥalaqah min adh‑dhikr) indique, intellectuellement et linguistiquement, l’idée d’un regroupement pour participer au dhikr. »


L’Islam est une religion de réunion, de solidarité et de coopération.


L’imam an‑Nawawī dit :

« Sache qu’il est recommandé de faire le dhikr, et qu’il est également recommandé de s’asseoir dans les cercles de ceux qui le pratiquent. »


Preuves de la licéité du dhikr collectif et du dhikr à voix haute

  1. Hadith des compagnons assis en cercle pour le dhikr

Dans Ṣaḥīḥ Muslim, on rapporte que le Messager d’Allah ﷺ sortit et trouva un cercle de ses compagnons assis. Il leur dit :


« Qu’est‑ce qui vous a fait vous asseoir ici ? »
Ils répondirent :
« Nous nous sommes assis pour évoquer Allah, exalté soit‑Il, et Le louer pour nous avoir guidés à l’Islam et pour les bienfaits dont Il nous a comblés. »
Le Prophète ﷺ dit alors :
« Par Allah, rien d’autre que cela ne vous a fait vous asseoir ? »
Ils dirent :
« Par Allah, rien d’autre ne nous a fait nous asseoir que cela. »
Il répondit :


« Je ne vous ai pas fait jurer par suspicion à votre égard, mais c’est que Jibrīl est venu m’annoncer qu’Allah se glorifie de vous auprès des anges. »

Rapporté par Muslim (40/2701).


On remarque que le terme employé est au pluriel, ce qui montre clairement qu’ils étaient en groupe dans un cercle de dhikr, et que le Prophète ﷺ a dit :

« Allah se glorifie de vous auprès des anges. »


  1. Dhikr à voix élevée après la prière

Dans al‑Bukhārī et Abū Dāwūd, Ibn ʿAbbās (qu’Allah les agrée) dit :

« Je savais que la prière du Prophète ﷺ était terminée grâce au takbīr (les paroles à haute voix). »


Al‑Bukhārī (842), Abū Dāwūd (1002).


On en a déduit que la fin de la prière se faisait avec un dhikr audible, à une voix commune, de sorte que les gens savaient qu’ils avaient terminé.


Le dhikr ici est distinct de la prière elle‑même et des cercles d’enseignement, car ce qui est mentionné, c’est le takbīr (formule de glorification), et il est fait de manière audible et collective, au point que les gens l’entendaient.


  1. Hadith “les jardins du Paradis”

D’après Ibn ʿUmar, le Messager d’Allah ﷺ a dit :

« Lorsque vous passez près des jardins du Paradis, alors pâturez‑y. »

Ils dirent :
« Et quels sont les jardins du Paradis, ô Messager d’Allah ? »
Il répondit :

« Les cercles de dhikr. »

Rapporté par at‑Tirmidhī (3852), d’après Anas ibn Mālik ; il a dit : hadith ḥasan gharīb.
Or, une “ḥalaqah” (cercle), par le langage et le bon sens, suppose un groupe de personnes, pas une seule.


  1. Préférence de s’asseoir avec un groupe qui fait dhikr

Dans Sunan Abī Dāwūd, le Prophète ﷺ a dit :


« M’asseoir avec des gens qui évoquent Allah, exalté soit‑Il, après la prière du matin jusqu’au lever du soleil m’est plus cher que d’affranchir quatre esclaves des descendants d’Ismāʿīl.


Et m’asseoir avec des gens qui évoquent Allah après la prière d’al‑ʿAṣr jusqu’au coucher du soleil m’est plus cher que d’affranchir un esclave. »

Rapporté par Abū Dāwūd, d’après Anas ibn Mālik (3667).


Le Prophète ﷺ dit :

« M’asseoir avec des gens (qawm)… »

Ce qui montre qu’il s’agit d’un groupe, et que le dhikr s’y fait collectivement, puisqu’il parle de s’asseoir avec eux.


  1. Les assemblées de dhikr entourées par les anges

D’après Abū Saʿīd al‑Khudrī, dans Ṣaḥīḥ Muslim :

« Il n’y a pas de gens qui s’asseyent pour évoquer Allah, exalté soit‑Il, sans que les anges ne les entourent, que la miséricorde ne les couvre, que la sérénité ne descende sur eux, et qu’Allah ne les mentionne auprès de ceux qui sont auprès de Lui. »


Rapporté par Muslim (2700/39) d’après Abū Hurayra et Abū Saʿīd ensemble.


Là encore, l’expression est claire :

« Des gens qui s’asseyent pour évoquer Allah. »

C’est un dhikr en assemblée, un dhikr collectif.


4. Position d’Ibn Taymiyya sur le regroupement pour le dhikr

Ibn Taymiyya autorise explicitement l’assemblée pour le dhikr.
Il dit dans Al‑Fatāwā al‑Kubrá (6/442) :

« Se réunir pour la récitation (du Coran), le dhikr et l’invocation est une chose bonne et recommandée. »



Dans le long hadith authentique rapporté par les deux Ṣaḥīḥ (al‑Bukhārī et Muslim) à propos des anges qui parcourent la terre à la recherche des assemblées de rappel (al‑malāʾika as‑siyyāḥūn), hadith bien connu, il est dit notamment :


« Allah pardonne à ces gens qui Le glorifient et Le magnifient, recherchent Son Paradis et craignent Son châtiment, et Il pardonne aussi à celui qui s’est assis avec eux.
Ceux‑là sont des gens auprès desquels leur voisin ne sera pas voué au malheur. »



Rapporté par al‑Bukhārī (6408) et Muslim (2689/25).

Et dans les deux Ṣaḥīḥ, il est rapporté qu’Allah, exalté soit‑Il, dit :

« Je suis tel que Mon serviteur pense que Je suis, et Je suis avec lui lorsqu’il Me mentionne.


S’il Me mentionne en lui‑même, Je le mentionne en Moi‑Même ; et s’il Me mentionne dans une assemblée, Je le mentionne dans une assemblée meilleure que la sienne. »



Rapporté par al‑Bukhārī (7405) et Muslim (2675/2).

Nous disons : comment le serviteur peut‑il mentionner son Seigneur « dans une assemblée » sinon en faisant un dhikr collectif, à haute voix, de sorte que ce soit bien un dhikr « en public », au milieu d’un groupe de gens ?


L’imam Aḥmad rapporte d’après le fils de ʿAbdullāh ibn ʿUmar :
J’ai dit : « Ô Messager d’Allah, quelle est la “gbutin” (le butin, le profit) des assemblées de dhikr ? »
Il répondit ﷺ :

« Le butin des assemblées de dhikr, c’est le Paradis. »



Rapporté par l’imam Aḥmad (2/177).

Baqī ibn Makhlad rapporte d’après ʿAbdullāh ibn ʿAmr que le Prophète ﷺ passa auprès de deux assemblées : l’une invoquait Allah et Le suppliait, l’autre enseignait la science. 


Il dit alors :


« Les deux assemblées sont bonnes, mais l’une d’elles est meilleure que l’autre. »



Le sens du hadith est clair et explicite : il y avait deux cercles distincts, l’un pour le dhikr et l’invocation, l’autre pour l’enseignement du savoir.
Cela montre que le dhikr ici n’est pas simplement l’assemblée de science, puisque le texte distingue explicitement un autre cercle, consacré à l’invocation et au rappel d’Allah.


Que diront alors ceux qui refusent d’admettre que le terme « dhikr » soit général, à moins d’être restreint dans ces paroles ?


Al‑Bayhaqī rapporte d’après Abū Saʿīd al‑Khudrī (qu’Allah l’agrée), du Prophète ﷺ, qu’il a dit :


« Le Seigneur, exalté soit‑Il, dira au Jour de la Résurrection :
“Les gens rassemblés aujourd’hui sauront qui sont les gens de la noblesse.”


On dira : “Et qui sont les gens de la noblesse, ô Messager d’Allah ?”
Il répondra : “Les assemblées de dhikr dans les mosquées.” »



Tous ces hadiths authentiques et ces versets explicites ne laissent pas de place à ce genre d’interprétations forcées auxquelles certains ont recours ; ils sont clairs et explicites.


Ibn Ḥajar a dit, dans son commentaire de al‑Mishkāt :


« Celui qui dit que les “assemblées de dhikr” sont les assemblées où l’on parle du licite et de l’illicite, c’est‑à‑dire de la science, n’a voulu que préciser le plus noble de leurs types. »



Et celui qui prétend que les “assemblées de dhikr” ne sont que la prière a fait preuve d’excès, car Allah, exalté soit‑Il, a distingué les deux en disant :

« Une fois la prière accomplie, invoquez Allah debout, assis et couchés sur vos côtés. » (An‑Nisāʾ, 4/103)



Le Tout‑Miséricordieux a ainsi indiqué que le dhikr mentionné ici n’est pas la prière elle‑même, ni seulement la science, mais un acte d’adoration consistant à mentionner Ses plus beaux Noms et à faire Son rappel.


Car si le mot « dhikr » est employé de façon absolue, sans autre précision, il englobe toute chose dans laquelle on mentionne Allah ou par laquelle on Le mentionne : que ce soit la prière, l’étude, la récitation du Coran, le tasbīḥ, le tahlīl, le takbīr, etc.


Tout cela entre dans la portée générale du texte et mérite la récompense.

Dans Ṣaḥīḥ Muslim, d’après Abū Hurayra, on trouve :


« Les “mufarridūn” ont devancé les autres. »
Ils dirent : « Et qui sont les mufarridūn, ô Messager d’Allah ? »
Il répondit : « Ceux et celles qui font beaucoup le rappel d’Allah. »

Muslim (2676/2).



Tout ce qui précède constitue une preuve de la réunion pour le dhikr.
Or, cette réunion pour le dhikr n’a de sens que s’il est prononcé à voix haute, car si chacun se contentait de faire du dhikr en silence dans son coin, ils ne seraient pas vraiment « un groupe qui fait dhikr », comme l’indiquent les hadiths.



Si chacun faisait son dhikr à part, sans ordre, ils se gêneraient mutuellement, provoqueraient du vacarme et du désordre, ce qui est contraire à l’organisation islamique.


Leurs paroles seraient confuses, leur dhikr mal distinct, et chacun irait s’isoler pour se rappeler d’Allah à l’écart du bruit et du tumulte, afin de pouvoir goûter sereinement au dhikr sans distraction.


À partir de tout cela, il apparaît clairement que :

  1. Les cercles de dhikr existaient au temps du Prophète ﷺ, et il ne les a pas désavoués, bien au contraire, il y a encouragé.


  1. Les Compagnons élevaient la voix dans le dhikr, et le Messager d’Allah ﷺ ne le leur a pas interdit.


Autres preuves, citées brièvement :

  1. Le Messager d’Allah ﷺ entendait ses Compagnons élever la voix pour le dhikr lorsqu’ils descendaient dans une vallée ou en la gravissaient, comme cela est rapporté dans les hadiths, et il ne les a pas désavoués ; ceci constitue une approbation implicite.



  1. Les Compagnons élevaient la voix dans le takbīr aux deux fêtes (ʿĪd), à l’intérieur comme à l’extérieur des maisons, dans les marchés et à Minā, comme cela est rapporté authentiquement, et cela n’a pas été réprouvé.


  1. Le fait de dire « āmīn » à voix haute derrière l’imām dans la prière, de manière rythmée, constitue une forme de dhikr collectif à voix haute, organisé.



  1. Le Prophète ﷺ a légiféré, dans la prière des deux fêtes, un nombre de takbīr prononcés à haute voix derrière l’imām, dans la première et la deuxième rakʿa, d’une manière collective, publique et ordonnée.



  1. Le Prophète ﷺ a écouté les chants (anashīd) de ceux qui l’accueillaient à Médine, et il ne les a pas réprouvés.


  1. Le dhikr collectif stimule les âmes, ranime la ferveur, encourage au rappel, à l’adoration et à la coopération dans le bien et la piété. 


  1. Il a un impact plus fort sur les cœurs. Là où se trouve le bénéfice, là se trouve la Face d’Allah – c’est‑à‑dire Sa satisfaction.


  1. Le takbīr et le tahlīl à haute voix pendant le ḥajj, lors de l’iḥrām et dans les talbiyāt, entrent également dans cette catégorie.




Commentaires

  1. Excellent akhi avec preuve 👌

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  2. Tout ce qui est dans cet article ne constitue en rien des preuves pour légiférer le dhikr en commun, les preuves sont manipulés et les conclusions sont hâtives uniquement pour aller dans votre sens. Il n’y a aucune honnêteté intellectuelle.

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    1. Salam Aleykoum , quand tu dit légiféré tu pense à quoi ?

      Car le fait qu’un hadith dit que faire le dikhr en commun et évoque allah dans un cercle à voix haute selon c’est de faire le dikhr tout seul ou en groupe ?

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    2. Selon toi les hadith parle d’un dikhr seul ou un dikhr en groupe ?

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  3. Donc le vendredi avant joumoa lire la sourate al Kahf en groupe à la mosquée est toléré ?car j avais peur que cela soit assimilé au soufisme

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