Quel est le jugement concernant celui qui gouverne ou juge par autre que ce qu’Allah a révélé ? . Cheikh abd el hayy Youssouf

 



Quel est le jugement concernant celui qui gouverne ou juge par autre que ce qu’Allah a révélé ? Merci de détailler. Cheikh abd el hayy Youssouf 




Réponse :

Louange à Allah, Seigneur des mondes, et que la prière et le salut soient sur le plus noble des envoyés.


Le jugement par autre que ce qu’Allah a révélé est une question où beaucoup de gens se sont égarés, d’une manière semblable à l’égarement de certains dans le jugement de celui qui commet un grand péché.


 Les wa‘îdiyya (c’est-à-dire les kharijites et les mu‘tazilites) l’ont sorti de la foi, tandis que les murji’a ont dit : « La foi n’est que l’assentiment intérieur, et même si d’autres choses annulent la foi, seule la négation du cœur rend mécréant. » Les gens de la Sunna (Ahl as-Sunna) se situent dans une voie médiane entre ces deux extrêmes.


L’imam Ibn Abî al-‘Izz al-Hanafî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit :

« Le jugement par autre que ce qu’Allah a révélé peut être un acte de mécréance qui fait sortir de l’islam, mais il peut aussi être un grand péché ou un petit péché. 


La mécréance peut être réelle ou métaphorique (kufr majâzî), ou encore une mécréance mineure (kufr asghar), selon la situation du gouvernant. »

En résumé, le jugement par autre que ce qu’Allah a révélé constitue une mécréance majeure – qui fait sortir de l’islam – dans les cas suivants :

1. S’il nie que la législation d’Allah et de Son Messager soit la vérité. Cela, il n’y a aucun désaccord dessus entre les savants.

2. S’il ne le nie pas, mais croit que la loi d’un autre que le Prophète ﷺ est meilleure, soit de manière absolue, soit concernant certaines affaires nouvelles.

3. S’il considère que cette loi est égale à celle d’Allah et de Son Messager ﷺ. Cela implique mettre la créature à égalité avec le Créateur, alors que le Coran affirme : {Rien n’est comparable à Lui}.

4. S’il croit qu’il est permis de juger autrement que par ce qu’Allah a révélé. Sur cela, le shaykh Muhammad Ibn Ibrahim – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : cela est assimilé au cas précédent, car il légitime ce que les textes clairs interdisent.

5. S’il croit que l’islam ne peut plus s’appliquer à notre époque, comme l’a dit le dévoyé Mahmoud Muhammad Taha : « La charia appliquée par le Prophète ﷺ au 7e siècle n’est pas valable pour le 20e siècle. »

6. S’il croit que l’islam est la cause du retard des musulmans (opinion courante chez certains extrémistes laïcistes).

7. S’il croit que l’islam ne concerne que la relation de l’homme avec Allah et qu’il ne s’immisce pas dans les affaires sociales, politiques ou économiques. Ils expriment cela ainsi : « Pas de religion en politique, pas de politique en religion » ou encore : « La religion est pour Allah et la patrie est pour tous. »

8. S’il considère que les règles de l’islam – telles que les peines légales (hudûd), comme la lapidation, la flagellation ou l’amputation – sont inadaptées à « l’esprit moderne » et contraires aux accords internationaux.


La preuve en est la Parole d’Allah :

{N’as-tu pas vu ceux qui prétendent avoir cru à ce qui t’a été révélé et à ce qui fut révélé avant toi ? Ils veulent pourtant recourir au jugement du Tâghût, alors qu’ils ont reçu l’ordre de mécroire en lui. Mais le shaytân veut les égarer dans un égarement profond…} (An-Nisâ’, v. 60)

{Non ! Par ton Seigneur, ils ne croiront pas tant qu’ils ne t’auront pas pris pour juge dans leurs désaccords, puis qu’ils n’éprouveront aucune gêne en eux-mêmes vis-à-vis de ton jugement, et qu’ils ne se soumettent pas totalement.} (An-Nisâ’, v. 65)



Sur ce dernier verset, Shaykh Abderrahman as-Sa‘dî dit :

« Il ne suffit pas de prendre le Prophète ﷺ comme juge, il faut aussi que le cœur soit entièrement satisfait, exempt de gêne, et que la soumission soit totale, aussi bien extérieure qu’intérieure. »


Par ailleurs, Ibn ‘Abbâs – qu’Allah l’agrée – a dit que le jugement par autre que ce qu’Allah a révélé peut être une « mécréance mineure » (kufr asghar), si le gouvernant reconnaît que la loi d’Allah est la vérité, mais qu’il s’en détourne dans un cas particulier, par désir, par intérêt, par corruption ou autre, tout en sachant qu’il a commis un péché grave.


Une question subsiste : qu’en est-il du dirigeant qui se dit musulman, accomplit certains rites religieux, mais impose à son peuple des lois civiles et pénales contraires à la sharî‘a, rendant licite ce qu’Allah a interdit et interdisant ce qu’Allah a rendu licite, en faisant de cela une base officielle et obligatoire de jugement ?


La réponse est claire : instaurer une législation autre que celle d’Allah est un acte d’association (shirk), car la souveraineté législative appartient uniquement à Allah. Comme Il l’a dit :


{Ont-ils des associés qui ont établi pour eux une législation dans la religion sans qu’Allah ne l’ait permis ?} (Ash-Shûrâ, v. 21)


{Et si vous leur obéissez, certes, vous êtes bien des associateurs.} (Al-An‘âm, v. 121)


{Ils n’ont aucun allié en dehors de Lui, et Il n’associe personne à Son commandement.} (Al-Kahf, v. 26)


Ce verset {Et ceux qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les mécréants} (Al-Mâ’ida, v. 44) a été révélé au sujet des juifs qui ont remplacé le jugement de la lapidation dans l’adultère par une peine différente.



Le Dr. Abd ar-Rahmân al-Mahmoud explique :

« La prétention de légiférer sans Allah par des lois générales implique deux choses : 


1) le rejet de la Sharî‘a car, s’il ne la rejetait pas, il ne la remplacerait pas, 


et 2) l’usurpation d’un droit qui appartient uniquement à Allah : le droit de légiférer. »


Et de nombreux savants anciens (Ibn Hazm, ash-Shâtibî, Ibn Taymiyya, Ibn al-Qayyim, Ibn Kathîr…) et contemporains (Abd al-Latîf ibn ‘Abd ar-Rahmân, Muhammad ibn Ibrâhîm, al-Amîn ash-Shanqîtî, Ibn ‘Uthaymîn…) ont confirmé ce même jugement : celui qui est musulman, connaît la religion d’Allah, mais légifère volontairement des lois contraires à l’islam, est mécréant en dehors de la religion d’Allah.


Toutefois, il faut distinguer entre :

le jugement sur l’acte (qui peut être du kufr majeur),

et le jugement sur l’individu en particulier (qui demande des conditions et la levée des empêchements).


Ainsi, il ne faut pas se précipiter à dire : « Tel dirigeant est kafir », mais connaître la règle et sa gravité.


Et Allah est le garant du succès.

Paix, salut et bénédiction d’Allah sur notre Prophète Muhammad ﷺ.


https://ar.islamway.net/fatwa/32438/%D8%AD%D9%83%D9%85-%D9%85%D9%86-%D8%AD%D9%83%D9%85-%D8%A8%D8%BA%D9%8A%D8%B1-%D9%85%D8%A7-%D8%A3%D9%86%D8%B2%D9%84-%D8%A7%D9%84%D9%84%D9%87

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La parole de certains gens de science concernant Mohamed bnou abd el wahaab

Est ce que I’msak c’est une innovation comme revendique la salafya ?

cheikh fawzan : celui la il est parmi les khawaridj!!!